Attentat contre des officiers nazis à Paris.

In 250 combattants de la Résistance témoignent de David Dramant Paris éditions l'Harmattan
Témoignage de trois jeunes juifs FTP:

 

"Trois jeunes juifs FTP, Marcel Rayman , Jéruchem Kleszczelski et Henri ( ce jeune et courageux résistant, que l'on retrouve dans le témoignage précédent ,s'appelait Moniek Tuchklaper) décidèrent d'entreprendre une action près de l 'Ecole militaire, action très importante de tous les points de vue. Avant l'exécution de cette attaque, ce groupe était dans une sorte de fièvre et de curiosité. C'était la première fois qu'ils exécutaient une action dans les quartiers les plus riches de Paris, où des officiers et des soldats viennent tous les jours à midi afin de se rendre aux casernes de l'Ecole militaire.

Ceci apparaissait au groupe comme un bel animal attrayant qui , par sa méchanceté, sa férocité et sa nuisibilité, serait digne d'être abattu.
- Cette fois ci, nous avons décidé de poser la bombe à un endroit tel qu'elle puisse exploser au milieu de l'Unité en marche ,déclare Jéruchem.

Les bombes n'ont pas été commandées avec un bickford mais avec des mèches. Ainsi, on pourrait calculer le temps, puis l'allumage jusqu'à l'explosion. Le plus important était de trouver l'endroit exact où poser la bombe. Ce groupe, pour être sûr de sa démarche, est revenu sur place pour imiter la marche des militaires et calculer le temps et l'endroit exacts. Dans la matinée fraîche de l'automne 1942, les trois FTP se trouvaient sur place. Hélène Kro, l'agent de liaison, s'éloigna avec Henri et tira de sa sacoche deux bombes de grandeurs différentes . Marcel était déjà en place armé d'un pistolet . -Jéruchem tenait dans sa poche la petite lampe indispensable.

Quand il entendit la première résonance des bottes militaires il tira la lampe de sa poche en l'exposant comme un revolver, et la lampe a lancé un bouquet de rayons puis un deuxième et enfin s'est éteinte. Trente ou quarante mètres plus loin, à l'endroit le plus sombre au milieu de la chaussée du Boulevard Lowendal, Henri approcha la bombe vers sa bouche , a fortement aspiré la fumée de sa cigarette allumée, et employant sa main comme un parapluie, il alluma la petite bombe, la posa par terre et répéta la même chose avec la grande . Trois minutes s'étaient écoulées quand les officiers et les soldats se trouvèrent sur la place fatale, une explosion de feu et de fumée puissante se déclencha dans la nuit sombre et déchira le silence. Le cœur de Jéruchem le dernier observateur fit un saut de joie.
Les survivants se ruèrent pour porter secours aux blessés .Mais quand les Allemands se penchèrent pour examiner leurs premières victimes, se serrant plus étroitement, la deuxième bombe explosa .
Avec une puissance plus grande que la première, elle exécuta son travail de destruction."

 

 

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