La place des jeunes dans la Résistance

1- L'engagement des jeunes
Pourquoi les jeunes se sont-ils engagés dans la résistance

Le début de l'engagement des jeunes

Quand les jeunes s'engagent


2- Leurs actions
Les premières actions

Puis les actions prennent plus d'importance

Tracts et journaux clandestins


3- La Résistance
...qui est aussi féminine

Résister jusqu'à la mort

Les résistants en première ligne



L'engagement des jeunes

Pourquoi les jeunes se sont-ils engagés dans la résistance ?

L'engagement et la motivation des jeunes s'explique par :

- un sentiment de patriotisme qui resurgit après l'armistice signé dans des conditions aussi déshonorantes ;

-l'exaspération par rapport à la défaite française, à l'occupation et à la collaboration ;

- le sentiment de se trouver dans un état qui n'est plus démocratique, dans lequel les libertés les plus élémentaires sont supprimées (bourrage de crâne, censure et répressions de toutes sortes, brouillage radiophonique, couvre-feu, interdictions de circuler et de se réunir, arrestations et confiscations arbitraires) ;

-la disparition des libertés fondamentales, l'antisémitisme et la persécution des Juifs dont est responsable l'Allemagne nazie. Plus concrètement, la révolte contre les mesures qui frappent leurs camarades juifs (étoile jaune par exemple). Photo d'un juif portant "l'étoile jaune "
Un juif portant l'étoile jaune

Mais la plus importante de ces motivations est le patriotisme, qui a encore plus d'impact sur les jeunes. Ces jeunes qui n'auront pas encore combattu, contrairement à leurs parents, ont envie de montrer ce dont ils sont capables.

Le début de l'engagement des jeunes.

Pour "faire quelque chose", pour se sentir vivant, tous les moyens sont bons, même les plus anodins. Le portrait du maréchal, quand il est accroché par le professeur, est la cible de boulettes de papier mâché ou est affublé de grosses moustaches peu respectueuses. Parfois, il est remplacé par celui du général de Gaulle. Il arrive que le début de l'hymne "Maréchal, nous voilà" se transforme en "Maréchal, ôte-toi de là".
Affiche de propagande du Maréchal Pétain  

On aime aussi énormément tracer des graffitis sur les murs : des V pour Victoire, des "Vive de Gaulle !" ou "A bas les Boches !", des croix de Lorraine. On essaie de s'habiller en bleu, blanc, rouge, on pousse des cris hostiles aux Allemands, on bouscule comme par mégarde des officiers... Des actions sans grande importance en apparence, des blagues de potache, "de petits voyous ! " Et pourtant, elles inquiètent les responsables de la jeunesse, car elles traduisent un état d'esprit anti-allemand, et elles font l'objet de rapports officiels.
Dans les établissements scolaires, les élèves pris sur le fait sont renvoyés sur le champ. Ce qui n'empêche pas la multiplication des inscriptions.

Quand les jeunes s'engagent.

Il n'est pas obligatoirement nécessaire de faire parti d'un groupe organisé ou d'un réseau. Des actes de résistance individuels ou familiaux se répètent partout, tout le temps. Jean raconte : "J'allai un jour avertir des personnes en situation délicate pour qu'elles ne montent pas à Aubenas où se trouvaient les Allemands. Des véhicules de ces derniers stationnaient devant chez nous ; je sortis : on remarque moins un enfant. "

Leurs actions

Les premières actions

Il n'était pas facile de rejoindre un réseau, à cause du secret qui les entourait dans la crainte d'éventuels traîtres ; c'est pourquoi les premières actions furent plus symboliques qu'efficaces. Les résistants déchiraient les affiches nazies, dessinaient la Croix de Lorraine sur les murs, inséraient des tracts contre Pétain dans les livres de la bibliothèque… Symboliques, mais dangereux : appeler son cochon "Hitler", cracher devant un policier allemand ou prédire la victoire du Général de Gaule méritaient d'être enfermé.

Pour donner un exemple de l'engagement des jeunes dans la résistance, prenons le cas du capitaine Frenay, qui va créer un des premiers mouvements de résistance (et un mouvement relativement important). Il fera longtemps confiance à Pétain, comme sa famille. Les manifestations de la population l'émeuvent parce qu'elles expriment un désir collectif d'amour et de confiance, mais elles l'inquiètent aussi parce que tous ces hommages irraisonnés vont à un homme faillible et âgé. Sa mère, très pétainiste, s'apercevant qu'il s'éloigne peu à peu du Maréchal, l'encourage continuellement à suivre sa voie. Mais il lui répond qu'il a beaucoup de respect pour le Maréchal , cependant il lui pose la question " Mais que signifie une révolution nationale alors que le pays est occupé et sous le contrôle de l'Allemagne hitlérienne ?

" Dès la fin 1940, des manifestations patriotiques rassemblent des centaines de jeunes. A Paris, le 11 novembre, Place de l'Etoile, devant la tombe du soldat inconnu, une manifestation retentissante d'étudiants et de lycéens a été sanctionnée par la fermeture de tous les établissements d'enseignement supérieur pendant deux mois. Il se produisit également des manifestations dans plusieurs villes de province devant les monuments aux morts de 14-18 (Caen, Rouen, Metz, Lyon, Brive).

-Puis les actions prennent plus d'importance

De nombreux "groupes francs" réalisent des "coups de main" (auxquels des jeunes participaient largement) :

- à des fins de propagande patriotique : sabotage de manifestations collaborationnistes, destruction de kiosques de presse nazie, distributions spectaculaires de journaux de la Résistance ou pour contrecarrer des opérations policières (vol de fichiers du S.T.O.). En décembre 1943, le "Nouvelliste" journal lyonnais pétainiste fut subtilisé dans les kiosques et remplacé par une édition clandestine.
- pour libérer des résistants incarcérés ou hospitalisés.
- pour la logistique de la résistance : récupération d'armes et de munitions, vols de dossiers et de documents, prélèvements de fonds, de papiers d'identité et de tickets.
  Un exemple de Faux papiers

La lutte des jeunes se retrouve donc dans tous les domaines :
- dans les filières d'évasion.
- dans les réseaux de renseignements.
- dans les "groupes francs", qui "passent à l'acte"
- dans les maquis, certains lancent de véritables opérations de guérilla contre l'armée nazie...

- dans les combats menés par les FFI pour la libération de nombreux départements, de celle de Paris, puis au sein des armées, qu'après avoir libéré les Vosges et l'Alsace, continueront à se battre en Allemagne...
 
Résistants en embuscade

 

-Tracts et journaux clandestins.


Il est primordial de contrer la propagande allemande et vichyste et d'informer, de convaincre d'autres jeunes, l'opinion en général. Dans bien des cas les jeunes jouèrent un rôle appréciable dans la rédaction des journaux clandestins (Jacques Lusseyran, Philippe Viannay, Robert Salmon, etc … ) ainsi que pour des tâches matérielles de l'impression : il fallait se procurer papier, encres, machines à écrire, etc …

Certains tracts, qui circulent parmi les jeunes, sont souvent drôles, comme celui intitulé "Extrait du traitement des maladies contagieuses". Il présente l'hitlérisme comme une "infection contagieuse communément appelée peste brune. La cause de cette maladie est un virus des plus dangereux, un 'nazicoque' nommé Hitler".

D'autres appellent à la lutte pour la liberté et la justice ou reproduisent des messages de la France Libre et de la résistance intérieure, ils exhortent à ne pas partir pour le STO. Le danger est grand : les auteurs des tracts ou ceux qui sont surpris à les diffuser risquent l'emprisonnement, la torture voire la déportation.
Affiche de propagande allemande en faveur du Service du Travail Obligatoire .(STO )  
Quant à la diffusion de la presse clandestine, elle fut presque exclusivement assurée par des jeunes qui se chargeaient des transports par train ou en vélo, des projections à la volée, de la distribution dans les boîtes aux lettres, les transports en commun et sur les marchés, de l'affichage sur les murs etc …
  Journaux clandestins pour la défense de la France .

Il y avait déjà des réseaux de renseignements pour lesquels militaient des jeunes. Cependant, la plupart des jeunes résistants étaient alors orientés vers des activités de propagande, essentiellement la diffusion de la presse clandestine et le recrutement de volontaires parmi les étudiants et lycéens, les milieux syndicaux, les adultes.

La Résistance …

qui est aussi féminine


La résistance française rassemble dans ses rangs des éléments de la population très divers. Les jeunes représentent une part importante de ses effectifs. Il y a eu des jeunes gens mais aussi des jeunes filles dans toutes les formes de résistance, réseaux, mouvements et groupes francs-tireurs, résistance extérieure dans les unités de la France libre. Les jeunes filles sont nombreuses, et font partie des jeunes qui s'impliquent, elles aussi, dans la résistance et dans les mêmes conditions que les garçons .
Une jeune résistante en arme

Résister jusqu'à la mort.

La place dans les réseaux et les actions prennent ensuite de plus en plus d'importance et deviennent de plus en plus dangereuses. Ces jeunes résistants ont risqué ou donné leur vie pour cacher et nourrir les réfractaires au S.T.O., les réfugiés politiques, les juifs, les aviateurs alliés. Ils ont accomplis ces actions dans l'espoir de revoir un jour leur patrie libre. C'était, si les militaires allemands le découvraient au cours d'une perquisition, la mort assurée.

A l'université, dans les lycées, dans les usines, les villes et les villages, des groupes de jeunes résistants naissent. Au lycée de Saint-Brieuc par exemple, où Georges Geoffroy, Pierre le Cornée et Yves Salaün, membres d'un tel groupe, décident en novembre 1943 d'attaquer la prison locale pour y libérer des résistants condamnés à mort. Pour se procurer une arme, ils agressent et tuent sans l'avoir voulu un soldat ennemi. Les Allemands se doutent vite de l'origine de l'attentat et investissent quelques jours plus tard le lycée… Les trois garçons sont arrêtés, torturés et condamnés à mort. Ils seront exécutés le 21 février 1944.

 
Exécution de jeunes résistants
 


Dans les usines, dont la production part directement pour l'Allemagne, les jeunes ouvriers réussissent à ralentir leur travail, commettre des actes de sabotage - endommager des machines, des outils, couper des câbles, etc. - et participent activement à l'organisation de manifestations anti-allemandes et même à des grèves.

Les jeunes résistants en première ligne.

Les nazis n'éprouvent aucune pitié pour la jeunesse des "terroristes", pas plus que les organismes de répression français (brigades spéciales, milice … ) qui pourchassent, torturent, condamnent et fusillent résistants et opposants au nom du gouvernement, quel que soit leur âge. C'est que les jeunes se retrouvent dans tous les mouvements de résistance, souvent en première ligne.

Plus passionnés que les adultes, moins chargés de responsabilités familiales et professionnelles, ils "foncent" pour la Libération de la France, la fin de l'oppression et de la terreur, pour une société plus belle, plus juste.
 
Scène de liesse à la Libération

 

 

 

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